LE JAPON EN ANAGRAMME : TOKYO KYOTO | PART II KYOTO

MARDI

Direction Kyoto.

Avant de sauter dans le Shinkensen direction Kyoto, il faut absolument prendre le temps de flâner dans le food court de la gare qui propose une multitude de choix de Bentos. Les Bentos sont ces plats Japonais à emporter présenter avec un grand esthétisme. Un plateau repas si joli que l’on hésiterait presque à le dévorer. Mais la gastronomie japonaise est irrésistible, loin des réducteurs restaurants que nous trouvons en France. Alors que mon amoureux nous achète notre bento je suis posée au milieu d ‘un tourbillon humain dans le hall de la gare. Je pourrais me sentir envahi, mais je suis détendue, ce mouvement incessant qui m’entoure me berce, car c’est un mouvement fluide, régulier et rythmé de plus par la musique classique émis par les haut-parleurs de la gare. Je suis fascinée par les écoliers en uniformes qui se dirigent en rang bien organisé vers leur train, par les hommes d’affaires silencieux qui pressent le pas pour attraper leur shikensen et aussi par ce couple d’ancien en tenu traditionnel qui avancent main dans la main au rythme des clapotis de leur geta. La foule est impressionnante mais habiter par cette culture zen enseignée, par la magie de la délicate culture nippone.

 

Nous nous parquons dans l’espace réservé pour faire la queue. Dans le métro c’est la même chose, les Japonais font respectueusement la queue dans la fil d’attente « train suivant » « train Numéro 2 » etc… Sans bousculade, c’est vraiment appréciable.

J’ai eu cette impression lors de mon voyage que tout était pensé pour le bien être des habitants. Plusieurs toilettes publiques proposent par exemple une chaise accrochée au mur de sa cabine pour pouvoir y déposer son enfant. Ces mêmes toilettes, sont réputées pour leur cuvette chauffante, sachez que souvent il est aussi possible de mettre de la musique, type Chant des oiseaux de la foret, la cascade du bois etc… Dans le même registre, alors que nous sommes habitués au bruit strident des alertes avant annonce dans les gares, ou encore au bruit mitraillant qui indique au non voyant que le bon homme est vert pour traverser, au Japon, une musique de conte remplace le bruit strident dans les gares, et un son proche du chant des oiseaux celui du bruit mitraillant. Ce sont les détails qui font la différence, un peu comme une certaine définition du luxe. Le shinkansen arrive, une armée de femme de ménage sautent dans notre wagon, le nettoie minutieusement pendant 10 min, puis nous autorisent à monter.

Nous sommes arrivés en milieu d’après-midi à Kyoto. La gare dessinée par l’architecte Hirichi Hara mérite de s’y arrêter. Avant la sortie de la gare se trouve l’office de tourisme de la ville. Je vous mets en garde, les adresses que l’office recommande n’ont rien de traditionnelles, vous n’y trouverez que des lieux pensés pour les touristes. C’est comme cela que nous sommes allés voir un spectacle d’art japonais le soir meme. Impossible de profiter de la démonstration si peu naturelle déjà, car une horde de bras tendu armé de leur écran de portable cachent la vue. Par contre, à la sortie de ce spectacle décevant, nous avons eu le plaisir de croiser au détour d’une rue une Geisha et son chaperon. Je lui demande s’il est possible de la prendre en photo, elle baisse son visage peint en blanc vers le sol, puis regarde son chaperon comme pour lui demander la permission. La vieille dame qui l’accompagne, nous dit non et elles repartent rapidement. Le mystère qui entoure ses geishas reste présent, et on adore ça.

 

Nous nous baladons le long de la rivière Kamogawaau, qui est longé par une multitude de restaurants et cafés. Alors que la lumière de leur intérieur scintille sur la rivière j’imagine l’atmosphère estivale avec toutes ces baies vitrées ouverte sur le cour d’eau. Nous allons un peu au hasard des rues du quartier et en faisant glisser la cloison d’un petit bâtiment nous tombons par chance dans un minuscule bar, je dis par chance car il n’est pas toujours commode au Japon de savoir ce qui se cache derrière la porte des bâtiments. En effet certaines rues sont entièrement faites de maison basse confinées derrières des persienne en bois, s’agit il de maisons particulières ? de maison de the ? de bain publique ? de restaurant ? seul moyen pour le savoir quand l on n est pas initie a la culture nippone est de faire glisser la cloison. C’est comme cela qu’une fois nous nous sommes retrouves face à une geisha qui s est empressée de nous dire ‘no no private party » la salle était très enfumée, et des rires d hommes résonnaient, ca aurait été une bonne soirée sans aucun doute, mais le mystère demeure.

Cela dit, beaucoup de restaurants sont reconnaissables par un court rideau de toile flottant au dessus de leur porte, appelé noren ou par une une lanterne rouge ou blanche. En tant qu’ancienne capitale et siège de la cour impériale pendant plus de 1000 ans, Kyoto bénéficie d’une riche tradition culinaire. La ville est donc réputée pour son goût raffiné et ses nombreuses spécialités locales. Il existe au Japon différentes catégories de restaurants. Les ryotei, qui offrent la meilleure cuisine japonaise, sont en plus de superbes lieux offrant des salons privés et de gracieux jardins paysagers. Des plats de même qualités sont servis dans les Kaiseki, le lieu est moins luxueux et les tarifs sont plus accessibles mais il est difficile d’avoir une réservation si l’on pas un habitué. Il y a aussi les Kyo-ryoriya originaire de kyoto, ces restaurants proposent des plats légers et raffinés. Les shojin ryokiya sont également originaire de Kyoto, ces restaurants sont nés dans les monastères zen de la ville et propose des plats végétariens servie dans de la vaisselle laquée dans des salons prives. Les Kappo, Ippin-Ryoriya, Koryoriya et Izakaya sont l’équivalent de nos restaurants. Les kappo proposent uniquement de la cuisine saisonnière (un peu comme les kaiseki, c’est assez cher), les ippo-ryoriya et izakaya propose des versions améliorées de la cuisine familiale japonaise, les koryoriya enfin signifie petits plats. Il y a aussi les nomiya et les aka-chochin, des sortes de tavernes, les versions populaires des restaurants cités précédemment.

Dans cet établissement ou nous décidons de nous arrêter, un no miya je dirais, nous sommes seulement 4 a occuper le bar, et nous prenons tous l’espace tellement il est restreint, le Chef porte des lunettes ronde je le trouve très branché. Il nous passe des vinyles de jazz et ne parle pas anglais. Nous avons trouvé l’endroit parfait pour diner. L’art de la table japonaise est sublime, tout est présenté avec beaucoup de soin, alors que nous regardons le chef cuisiner derrière le bar nous nous faisons la même réflexion : c’est un artiste ! Il nous prépare une omelette japonaise avec ses baguettes, et différent petit bol de je ne saurais vous dire quoi. C’était délicieux mais je vous avouerai que c’était léger, nous avons, deux heures plus tard, succomber à l’appel d’un bar de tempura. Ces fritures (de tout ! crevettes, poissons, haricots, petit pois, algues…) nous ont régalé et finalement nous étions repu.

MERCREDI

Sur nos vélos, nous avons traversé le National Garden qui abrite le Sento Imperial Palace, puis longé la rivière takano pour nous rendre au Nord de la ville visiter le musée d’art moderne dessiné par l’architecte Tadao Ando et le jardin botanique.

Dans le jardin nous avons remarqué plusieurs japonais s’adonner à deux fortes passion nippone : le dessin et la botanique. Plusieurs dessinateurs amateurs se laissaient porter par le plaisir de dessiner cette nature qu’ils aiment tant. Nés dans les sanctuaires shintoistes, le jardin japonais a été influencé par l’amour de la nature lié à cette religion, ainsi que par l’image du paradis bouddhique. Cet amour de la nature est remarquable aussi dans les cartes touristiques distribuées. Ces cartes sont en effet parsemées d’icones indiquant où se trouve les meilleurs points de vue pour observer les feuillages rouge ou jaune des érables en automne ou les plus belles fleurs de cerisier au printemps. Le dessin est aussi omniprésent au japon, les publicités sont souvent des illustrations plus que des photos, et l’on connaît tous leur passion pour les mangas.

Après cette première visite direction des dizaines de temples nichés dans la montagne higashiyama à l’est de Kyoto. Au Shimogamo Shrine d’abord nous avons croisé de jeunes mariés en tenue traditionnelle, puis au Temple Eikando Zenrin-Ji c’est l’émerveillement, l’un de mes endroits préférés, ce fut le premier temple de la secte japonaise bouddhiste Jodo-Shu. Je pose mes pieds nus avec beaucoup de délicatesse sur la parquet de toutes les pièces de cet endroit magnifique qui me transporte dans un autre temps. Je ne veux passer à côté d’aucun détail. J’ai bien fait de ne pas rester des heures dans ce temple magique car la suite de la journée fut tout autant enchanteresse. Nous avons parcouru le chemin des philosophes sur nos vélos, la route est facile, la rivière longe notre voie. le soleil nous réchauffe et le vent nous accompagne de son chant enivrant. La route des philosophes est longée de maisons traditionnelles, de maisons de thé, la plus belle et plus authentique Maison de thé que j ai eu la chance de voir fut Yojiya Cafe Ginkakuji. Cette maison respecte tous les codes des maisons de thé, le jardin zen, le chemin de pierre qui mène jusqu’à l entrée de la maison, les tatamis, je suis dans un autre temps. Un peu plus loin, il existe un atelier de poterie qui propose aux visiteurs de fabriquer sa propre vaisselle en céramique nous n’avons malheureusement pas eu le temps de fabriquer notre vaisselle.

Nous continuons notre chemin jusqu’au fameux Temple Ginkaku (Silver Pavillon), l’automne apporte une véritable splendeur supplémentaire au paysage, les collines vertes se transforment en patchwork de couleurs, la couleur jaune essaye de faire, en vain, concurrence au rouge des feuilles de l’érable. Quelle beauté. Un passage au temple Nanzen-Ji Temple et nous terminons la journée avec Kiyomizu, le lieu de culte le plus vieux, pour admirer le couché de soleil. Pour monter jusqu’au temple la route est assez harpée, nous descendons donc de nos vélos et en profitons pour flâner dans les nombreux magasins qui longent le chemin. Le soir nous profitions encore d’une expérience culinaire admirable, nous avons diné dans un restaurant sublime à la cuisine remarquable, au bord de la rivière Kamogawaau et de son surprenant fond d’a peine 5cm. Le restaurant Izakaya Negiya, est un restaurant Izakaya. Dans un Izakaya l’on expérimente un cortège de petits plats à partager et à déguster avec un verre de Sake. La cuisine Japonaise respecte les saisons afin de gouter au meilleurs des légumes. Les Izakaya respectent les fondamentaux de la cuisine japonaise : respect des ingrédients, de leur gout naturel, cuisiner sur le moment, et jamais de trop!

Au Japon, à la fin du repas, le chef vous raccompagne jusqu’à la sortie, on apprécie.

JEUDI

Nous voulions absolument vivre l’expérience du onsen. Les onsens sont des sources chaudes d’origine volcanique qui foisonnent au japon. La coutume ancestrale du bain y relève du rite religieux (issu de la purification Shintoiste), de la cure de sante ou du simple geste beauté. Un ami nous avais conseillé de prendre le train direction les montagnes de Kurama. Apres 45 minutes de train et une traversé inattendu du couloir rouge des érables, nous voilà dans ce charmant village au cœur des montagnes. La bonne surprise en arrivant, je suis seule, l’eau chaude lâche ses vapeurs enivrante, je suis nue face à la montagne. Un beau moment de détente et communions avec la nature.

Apres cette matinée relaxante nous avons sillonné la route qui traverse la fameuse foret de bambou de toute beauté, et avons terminé la journée au très touristique mais incontournable Golden pavillon. A la sortie du temple je demande à une jeune fille en kimono de poser à côté de moi, je me retrouve entourée d’une dizaine de kimonos colorés pour une photo souvenir mémorable. J’ai beaucoup aimé aussi la rue de Shin Mozendori ou se suivent de jolies maisons traditionnelles en bois

Pour notre dernier soir à Kyoto, nous avons voulu nous faire plaisir et tester les fameux sukiyaki dans un restaurant traditionnel. Nous avions réservé 3 jours à l’avance, il est difficile d’obtenir de la place dans les bons restaurants au Japon. Une fois arrivés au restaurant, l’on nous demande de retirer nos chaussures et une femme en kimono nous emmène jusqu’à notre table. Notre table se trouvait en fait dans une salle privée, le restaurant ressemblait plus à une maison avec dans chacune des pièces privées des hôtes assit à même le sol pour diner. Nous avons passé la soirée avec cette charmante japonaise en kimono. Avec beaucoup d’humilité et de délicatesse elle a veiller à remplir nos verres quand ils etaient vides et a cuisiné notre suriyaki. Assis sur notre tatami, dans notre pièce privé avec une grande baie vitrée donnant sur la rivière, nous sommes ailleurs. Le sukiyaki est un plat japonais parfois appelé fondue japonaise dans lequel on trempe du bœuf et des légumes crus dans une sauce warishita composée de mirin, de saké, de shoyu et de sucre. Nous nous délectons surtout de ces mets délicieux.

Une marmite spéciale, en fonte, est placée au centre de la table, une fois cuit, les aliments sont trempés dans un petit récipient individuel dans lequel un œuf a été cassé et battu.

VENDREDI

Gion Est et Higashiyama

Dernier journée à sillonner les rues enchanteresses de Kyoto, nous avons choisi de nous balader dans les rues traditionnelles de Gion, les maisons en bois s’alignent dans des ruelles étroite, l’on aperçois des groupes de jeunes filles en kimono et des pousses-pousses encore en service. Il ne faut surtout pas passer à coté de l’Allée Ishibe-Koji, des rues de Sannenzaka et de Ninenzaba et de toute cette balade jusqu’au grand buddha blanc de 24 m de haut. En fond de paysage on aperçoit la pagode Yasaka de quatre étages, nous en avons plein les yeux. La journée se termine par la visite du célèbre temple Fushimi Inari. Ce sanctuaire est surtout connu pour ses milliers de torii vermillon formant un chemin sur la colline sur laquelle le temple est construit. Ces torii sont pour la plupart des dons faits par des particuliers, des familles ou des entreprises à Inari. Le nom des donateurs figure souvent sur les montants du torii. La balade s’accélère il est l’heure de partir.

Kyoto m’a enchanté, c’est l’idée que je me faisais du Japon avec ses maisons en bois, ses maisons de thés, ses temple, ses jardins zen, ses petits écoliers en uniformes, ses personnes âgées aux lunettes de vues carré comme dans les mangas etc… Pourtant Kyoto encore une fois n’est pas d une beauté flagrante comme pourraient l’être certaines de nos villes européenne, il y a beaucoup de béton, d’immeubles modernes, et de grandes autoroutes. Mais quand l’on pédale dans ces rues où règne l’atmosphère d’antan, nous sommes transportés dans un autre monde. Il y a au Japon un respect de l’intimité, et un esthétisme de la discrétion. Dans le dédale de rues se camouflent derrière des palissades des jardins zen, restaurants…

Avant de partir je me suis arrêtée dans une pâtisserie pour m’acheter des douceurs de Kyoto appelé Kyo Wagashi. A noter qu’une pléthore de boulangerie française existe au Japon, si jamais vous avez le mal du pays, vous saurez où acheter un croissant. Je grignote mes sucreries dans le shinkansen, m’endors jusqu’au moment où mon ami m’appelle du coude « hé regarde ! c’est le Mont Fuji » entre rêve et réalité la contemplation est encore plus forte, le voilà enfin ce Mont de mon imaginaire que je n’ai pas réussi à trouver à mon arrivée. Plus aucun doute, la beauté du japon s’est donnée à moi et je vous souhaite la même chose.

 

CARNET D ADRESSE

Maison de thé

Yojiya Cafe Ginkakuji

Zen Kashoin,

271-1, Takoyakushi-cho, Muromachi-dori Nijo-sagaru, Nakagyo-ku

Shopping

http://www.hosoo-kyoto.com/

Nakagawa Mokkougei, Installée juste en dehors de Kyoto Asahiyaki, poterie familiale 11 Uji-Yamada Uji-Shi Kyoto 611-0021

Kaikado Etablis en 1875, les ateliers de Kaikado produisent des boites à thé hermétiques en cuivre, laiton et argent

Ippodo (thé)

Ippo-cho (magasin de thé) 52 Teramachi-dori, Nijo-agaru, Tokiwagi-cho

La rue Teramachi Dori propose des antiquités ou autres magasins sympathiques

Patisserie Kagizen Yoshifusa, Gion

Thé Tsujiri

Nishiki Market

 

Faire sa poterie (sur le chemin des philosophes) 148 Jodogi Shimominamida-cho mansa.gama@gmail.com

 

HOTELS

http://www.machiya-ryokan.com/en/

http://www.kyoto-yoshikawa.co.jp/

Out side http://koyasanguesthouse.com/en/

http://www.hiiragiya.co.jp/en/

http://www.kyoto-machiya-inn.com/

http://m.eng.trip.kyoto.jp/spot/db/gion-morisho

http://www.tamahan.jp/

http://www.japanican.com/en/hotel/detail/6232046/ officiel voyage

http://www.hoshinoyakyoto.jp/

Hotel de Luxe

http://global.hoshinoresort.com/hoshinoya_kyoto/

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3 comments on “LE JAPON EN ANAGRAMME : TOKYO KYOTO | PART II KYOTO

  1. My Little Pipe Dream
    28 juin 2017 at 14 h 49 min

    Un vrai plaisir de découvrir ton blog tout en douceur 🙂

    • aurelie
      1 août 2017 at 15 h 44 min

      <3 Bienvenue xxxx

    • aurelie
      1 août 2017 at 15 h 45 min

      je file découvrir le tien et RDV sur instagram? x

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